Économie Sociale et Solidaire | 8 min pour Tout Comprendre

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Économie Sociale et Solidaire | Définition et enjeux

Vous avez entendu parler de l’ESS, mais vous ne comprenez rien au concept ? Pas de panique ! On fait le pari aujourd’hui de vous proposer une définition simple de l’Économie Sociale et Solidaire. Si le champ d’action est effectivement très large et regroupe un grand nombre d’activités et d’initiatives, il est souvent vu comme un tiers-secteur de l’économie française. Pourtant, l’ESS en France emploie aujourd’hui 14 % des travailleurs et représente 40 % du secteur de l’agro-alimentaire ! De ses fondements à son impact social et environnemental, en passant par ses valeurs, l’Économie Sociale et Solidaire est le modèle économique du futur. Dans 8 minutes, vous saurez tout ce qu’il y a à savoir pour briller en société, et pourquoi pas, vous engager.

Les fondements historiques de l’ESS

L’Économie Sociale et Solidaire est un concept qui s’est forgé au fil des années, sur fond de problèmes sociétaux et d’initiatives solidaires. C’est pourquoi il est essentiel de passer par un petit cours d’histoire pour saisir l’essence de sa définition. Promis, on reste concis !

La naissance de l’Économie Sociale

À l’origine de l’Économie Sociale, il y a la révolution industrielle du XIXe siècle en France. Les sites de production s’industrialisent à grande échelle, les humains sont remplacés par des machines et les process sont déshumanisés. Les travailleurs s’organisent alors pour faire face aux problèmes sociaux naissants. C’est ainsi que les premières coopératives se constituent pour la production, la consommation et l’agriculture. Les premières sociétés de secours mutuel (ancêtres des mutuelles telles que nous les connaissons aujourd’hui) voient le jour également à cette époque.

Le début du XXe siècle est marqué par le vote de l’association loi 1901, qui autorise tout citoyen à s’associer sans autorisation préalable et régit encore de nombreuses associations de nos jours. Puis en 1947, dans un contexte d’après-guerre où tout est à reconstruire, le statut de la coopération est défini légalement sous le terme de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Ces entreprises ont une vocation d’intérêt collectif qui présente un caractère d’utilité sociale.

L’apparition de l’Économie Solidaire

Pendant les Trente Glorieuses, le pouvoir d’achat des français·es ne cesse d’augmenter. Le taux de chômage est au plus bas, le temps de travail diminue, et les foyers consomment à outrance, autant les loisirs que les biens de consommation. Le phénomène s’accompagne d’une production de masse pour pallier la frénésie de la société de consommation.

En 1973, un premier choc pétrolier va faire vaciller le modèle et aura raison d’une économie florissante. Le prix du baril du pétrole est quadruplé, à une époque où les trois quarts de la consommation énergétique des pays industrialisés sont basés sur l’or noir. Le pouvoir d’achat chute, le chômage flambe et l’exclusion sociale est de plus en plus intense.

C’est alors que l’Économie Solidaire se développe. À l’inverse de l’Économie Sociale, elle se définit non pas par la forme de sa structure (association, coopérative, etc.) mais par l’activité de l’entreprise. Si la définition est vague à l’époque, elle désigne une activité qui revêt une utilité sociale (commerce équitable, accès au logement, aide à la personne, etc.) et contribue à la démocratie de l’économie, en mettant le citoyen au cœur du modèle.

L’émergence du concept moderne de l’ESS

Les années 2000 voient l’apparition de nouvelles dynamiques entrepreneuriales et l’organisation d’une politique publique autour de l’ESS. On parle alors d’entrepreneuriat social. L’entrepreneur·e social·e ne crée pas son entreprise pour le profit mais pour contribuer positivement à la société.

Des réseaux se mettent en place, comme l’Avise ou le MOUVES (MOUVement des Entrepreneurs Sociaux) et érigent l’ESS en tant que solution pour un développement durable de l’économie.

L’ESS est finalement encadrée en 2014 par une loi qui acte le rapprochement de l’économie sociale, de l’économie solidaire et de l’entrepreneuriat social en tant qu’un seul et même organe.

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Économie Sociale et Solidaire : définition et valeurs

L’ESS caractérisée par la loi

L’Économie Sociale et Solidaire, telle que régie par la loi de 2014, se définit par 4 critères principaux :

  • l’utilité sociale : l’ESS est basée sur le principe de solidarité et d’utilité collective ;
  • la performance économique : le modèle économique doit être viable ;
  • la gouvernance démocratique : pas de management vertical, ici les décisions sont prises en concertations entre les membres de l’association ou de la coopérative ;
  • la lucrativité limitée : le patrimoine est collectif et impartageable, les résultats sont en majorité réinvestis dans de nouveaux projets et pour le reste, redistribués entre tous les membres.

Son aspiration est donc de créer une croissance durable autour d’une plus grande cohésion sociale.

Des valeurs sociales et solidaires

Au-delà de ces règles légales, l’ESS porte des valeurs et des ambitions bien plus larges. D’abord, l’humain est au centre du concept et relègue le capitalisme au second plan. Cela ne veut pas dire que l’entrepreneuriat social ne participe pas à l’économie : en 2014, l’ESS représentait déjà 10 % du PIB. En revanche, les capitaux sont réinvestis ou partagés équitablement.

La qualité des emplois est également une composante essentielle de l’ESS. 14 % des postes occupés en France sont issus de l’ESS, et les personnes sont plus investies dans leurs missions, dans lesquelles ils trouvent du sens. L’implication dans la prise de décision y est plus forte en raison du caractère démocratique de la gouvernance, même si le schéma peut être très différent dans les grandes structures.

Avec l’Économie Sociale et Solidaire, ce n’est pas au territoire de s’adapter aux exigences économiques (construire, par exemple, un 3e centre commercial dans une zone de chalandise qui aurait pu se contenter d’un seul), c’est à l’inverse l’économie qui tient compte des spécificités territoriales pour répondre aux besoins de la population. Ainsi, son essor est tourné vers les habitants (accès au logement, vieillissement de la population, etc.). Les liens sociaux sont renforcés par cet ancrage territorial.

Enfin, dans une dynamique orientée sur la qualité de vie, l’ESS prône des modes de consommation responsables et respectueux de l’environnement. En privilégiant le local et le territorial, on favorise les circuits courts et des sources d’emplois non délocalisables. Certaines entreprises ont même relocalisé tout ou partie de leur production en France en s’intégrant dans une démarche d’entrepreneuriat social.

Les domaines d’action de l’ESS

Contrairement aux idées reçues, les entreprises issues de l’ESS ne sont pas toutes rattachées à une activité sociale ! Elles répondent bien sûr à des besoins sociaux qui ne peuvent pas être pris en charge par l’État : l’apport de soins et de services auprès des populations vieillissantes, l’accès au logement pour les personnes en précarité, l’accès à l’emploi, entre autres.

Mais l’Économie Sociale et Solidaire touche tous les secteurs : habitat, énergie, environnement, alimentation, mobilité, habillement, etc. On voit même émerger des initiatives citoyennes qui se professionnalisent et qui recoupent plusieurs de ces problématiques :

  • des étudiants qui recherchent un logement et des personnes âgées qui souhaitent mettre une chambre à disposition contre un peu de compagnie et une aide au quotidien ;
  • des plateformes de financement participatif qui mettent en relation des créateurs d’entreprise et des particuliers désireux d’investir ;
  • des entreprises éco-responsables qui embauchent des personnes en situation de handicaps et favorisent ainsi leur insertion ;
  • etc.

Les enjeux de l’ESS, pour régénérer la planète ?

Même si ce n’est pas évident au premier abord, l’Économie Sociale et Solidaire s’inscrit pourtant dans une démarche éco-responsable : à travers ses missions et objectifs, les initiatives entrepreneuriales liées à l’environnement et à la régénération de la planète fleurissent.

L’innovation sociale, pour des projets à fort impact social et environnemental.

L’innovation sociale est un concept qui vise à changer des pratiques liées à une situation sociale insatisfaisante. En d’autres termes, les porteur·ses de projets identifient un problème ou un besoin social, et proposent des réponses innovantes. C’est sur ce constat que se sont développées de nombreuses initiatives ces dernières années, dont certaines axées sur une démarche éco-responsable :

  • Conception durable : exit l’obsolescence programmée ! On crée des biens de consommation de bonne qualité, solide et faits pour durer, selon des process de production équitables et dans le respect de l’humain et de la nature ;
  • Consommation responsable et alternative : l’alimentation en circuit court se développe de plus en plus, et les applications pour récupérer les invendus et éviter le gaspillage alimentaire se multiplient. On peut aussi penser aux monnaies locales, qui favorisent les commerces et services de proximité ;
  • Économie du partage : plutôt que d’acheter, pourquoi ne pas tester la location ou le prêt entre particuliers ? Aujourd’hui, on peut trouver des plateformes de mise en relation pour quasiment tous les objets de la vie quotidienne (location de voiture, d’outils, de machines à laver, de matériel de sport, etc.) ;
  • Réutilisation et seconde vie : il est de plus en plus facile de faire rénover nos objets anciens, cassés ou abîmés, afin de leur redonner leur fonction principale. On peut penser au reconditionnement d’objets électroniques, à la rénovation de meubles, de vélos, au don et à la revente de vêtements, entre autres). De nombreuses entreprises s’appliquent également à recycler et transformer des biens ou des matières pour leur offrir une seconde vie (un container devient une habitation, les palettes deviennent des meubles de jardin…) ;
  • Transition énergétique : à travers la production d’énergies renouvelables ou l’amélioration énergétique des foyers, les acteurs de la transition énergétique représentent aujourd’hui une part importante de l’économie.

L’Ecopreneur au service de l’Économie Sociale et Solidaire

L’ESS, c’est remettre l’humain et son territoire naturel au centre des enjeux de croissance, non pas en les exploitant à outrance mais en s’adaptant à leurs besoins et à leurs capacités. C’est un fondement étroitement lié à l’entrepreneuriat écologique, et dont les valeurs sont celles que nous défendons avec Ecopreneur : en plus d’agir pour la planète, l’entrepreneur·e vert·e améliore le bien-être humain et l’équité sociale. Il ou elle fait également preuve d’une grande créativité en agissant dans le présent tout en pensant à l’avenir : les objets de consommations doivent être biodégradables ou réutilisables pour créer une empreinte écologique positive et une croissance durable.

L’entrepreneuriat écologique a une dimension globale puisqu’il touche tous les aspects de notre quotidien, et apporte une vraie réponse à la régénération de la planète.

Alors, convaincu·e par les bienfaits et l’action de l**’Économie Sociale et Solidaire** ? Même si les dérives commencent à pointer le bout de leur nez (avantages fiscaux et subventions qui favorisent l’opportunisme des entreprises et le Green Washing, récupération et dénaturation des valeurs), l’ESS est sans conteste un modèle à suivre pour les générations futures. Même les initiatives isolées de citoyen·nes peuvent donner lieu à des exemples inspirants, et tout le monde peut agir à son niveau. Si vous avez la fibre entrepreneuriale et que vous voulez avoir un impact positif sur l’économie sociale et sur notre belle planète, vous pourriez vous aussi devenir un Ecopreneur accompli.

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